Les équipes de l'Institut de Recherche contre les Cancers de l'Appareil Digestif (IRCAD)

Quatrième émission "Sept minutes pour une vie", Magazine de la santé (France 5) :

Au coeur de l'Hôpital Civil de Strasbourg, l'IRCAD, un institut à l'américaine, a choisi d'associer médecins et entreprises privées pour développer recherches sur les cancers de l'appareil digestif et technologies de pointe liées à la chirurgie mini invasive et la coelioscopie. Ici s'entraînent les chirurgiens, tandis que les chercheurs, roboticiens et informaticiens travaillent sur des applications spectaculaires.


"'Robot in touch' est un robot mobile, muni d'une caméra et d'un micro. Il réunit les avantages de la micro-conférence et de la mobilité par téléguidage. Utilisé aux Etats-Unis afin de permettre aux médecins d'effectuer leur visite hospitalière de chez eux (lorsqu'ils sont en arrêt maladie par exemple), il tient ici un rôle pédagogique. Ici, le robot expert permet au chiurgien de superviser à distance une formation. 'Placez l'agraffeuse dedans ! Vous avez déjà fait la suture ?', demande le chirurgien superviseur via le robot. A l'avenir, ce type de robot pourrait permettre à n'importe quel chirurgien de bénéficier de l'expertise d'un spécialiste situé à l'autre bout du monde. Le 'robot in touch' est encore en évaluation à Strasbourg, mais un autre robot est déjà utilisé dans le bloc opératoire du CHU. Demain, il opérera une jeune femme obèse, une opération appelée 'gastric bypass' (pontage gastrique), une dérivation du système digestif."

"Le Dr. Michel Vix, chirurgien digestif, CHU de Strasbourg, explique :
'L'intervention va consister à couper l'estomac en deux parties. On garde une petite poche gastrique, c'est l'équivalent d'un demi verre à boire, ce n'est pas grand-chose. Au niveau de l'intestin, on va couper à environ 75 cm après la sortie de l'estomac, puis on va faire un montage : prendre l'intestin qui va vers le colon, attacher cet intestin sur la petite poche gastrique. L'avantage, c'est qu'il y a des hormones qui sont sécrétées par l'estomac, et comme l'alimentation ne passe plus devant ces usines à hormones, elles ne sont pas sécrétées, ce qui vous empêche d'avoir faim dans les premiers temps après l'opération.'

Le Dr. Vix souligne l'importance de cette opération et de ses conséquences :
'Ce n'est sûrement pas une opération de confort, c'est une intervention d'amélioration de leur santé à moyen et à long terme. Il y a des bénéfices immédiats, avec un diabète qui peut diminuer, lorsqu'on fait un pontage gastrique, quasiment du jour au lendemain. C'est un mécanisme encore mal expliqué mais qui existe bien. Il y a également une possibilité de bouger beaucoup plus facilement chez ces patients. Il y aura moins de douleurs articulaires. Ils seront moins gênés par leurs rondeurs pour se baisser, etc. Il y a bien entendu un habillement qui sera beaucoup plus facile.'
La patiente qui va être opérée pèse actuellement 109 kgs. Avec cette intervention, elle espère perdre 40 à 50 kgs. 'Je ne me sentais pas bien dans ma peau', dit la patiente. 'J'ai essayé plusieurs régimes. J'en avais marre de jeter de l'argent par les fenêtres, donc je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose pour de bon.'

La chirurgie de l'obésité existe depuis longtemps. L'usage de la coelioscopie, aussi appelée laparoscopie, a révolutionné cette discipline en réduisant les risques post-opératoires, surtout pour les patients associant obésité et diabète. Pour réaliser cette opération, le chirurgien va introduire dans l'abdomen de la patiente une caméra et des instruments grâce à des trocarts, ces cylindres de 8 à 10 mm. Mais en plus il va s'appuyer sur un robot téléguidé, seule machine capable aujourd'hui d'offrir une vision en relief, grâce à ses deux caméras qui remplacent les yeux. David Douglas, de la société Intuitive Surgical Europe, formateur sur le robot da Vinci ™ à l'IRCAD :
(Intuitive Surgical fabrique et commercialise le système de chirurgie assistée par ordinateur da Vinci™):
'Pour obtenir une image 3D, c'est comme nous : on a deux yeux. Chaque oeil capte une image en deux dimensions, ces deux images sont fusionnées dans notre cerveau pour avoir une notion de profondeur. Le système, c'est la même chose que les yeux. Donc véritablement, les yeux du chirurgien sont plongés dans le patient. C'est comme s'il s'y trouvait avec ses deux yeux.'

L'opération commence par une coelioscopie classique. Le chirurgien pose un repère sur l'intestin qu'il va court-circuiter : 'Nous allons mettre un repère coloré sur cette hanse biliaire de manière à être certain de ne pas monter la mauvaise hanse après.' Puis il relie les hanses alimentaire et biliaire à l'aide d'une agrafeuse électrique qui, dans le même geste, sectionne les tissus et suture chacun des côtés. C'est ce qu'on appelle une anastomose. Le chirurgien : 'Il va falloir simplement maintenant que nous fermions les trous d'introduction de la hanse avec du fil, et pour cela nous allons utiliser le robot.'

Une fois stérilisé, le robot vient remplacer les chirurgiens auprès du patient. A la place des instruments coelioscopiques, on introduit la caméra et les outils électroniques qui s'emboîtent sur les bras du robot. Ici, il s'agit de pinces de quelques millimètres, idéales pour réaliser une suture délicate. Le chirurgien à la console du 'robot' da Vinci™, qui est en fait un système de chirurgie assistée par ordinateur :
'Je peux trembler sur ma console, le tremblement ne se verra pas sur mes instruments, puisqu'il y a une certaine filtration [de ces tremblements ndlr], et que les mouvements qui sont précis de quelques millimètres à l'intérieur de l'abdomen sont démultipliés. Donc je peux avoir des grands mouvements à l'extérieur (à la console), qui seront extrêmement précis à l'intérieur.'

Aussi habile de la pince gauche que de la pince droite, le robot offre aux chirurgiens une plus grande précision, et ses bras peuvent réaliser des rotations impossibles à effectuer par un poignet humain. Grâce au robot, le chirurgien a pu sans effort se frayer un chemin à travers la graisse pour atteindre l'estomac. Il va maintenant réduire sa capacité à 20 cm cube, en le suturant avec une agraffeuse automatique. A gauche, la poche gastrique qui va rester fonctionnelle, et à droite la partie de l'estomac qui ne le sera plus mais qui va rester dans l'abdomen de la patiente. Dernière étape : rebrancher la poche gastrique avec l'intestin grêle. Cette opération se fait avec l'aide d'une agraffeuse circulaire, dont une des extrémités est introduite par la bouche pour atteindre l'intérieur de l'estomac. L'opération aura duré trois heures, d'où l'intérêt d'avoir recours à un robot pour soulager le travail des chirurgiens.

Au laboratoire de recherche en robotique, des internes étrangers suivent justement une formation sur le robot, avec travaux pratiques. Grande première pour ces chirurgiens, qui réalisent une dissection rénale sur cochon par robot interposé.
Dr. Ramon Villalonga, Interne en chirurgie : 'Ce qui est très bien, c'est la caméra. On a la sensation de profondeur. On voit la profondeur du champ et on voit très bien si on est loin ou près par rapport aux instruments, qui en fin de compte remplacent les bouts de nos doigts. La preuve, c'est que je ne me suis pas mal débrouillé pour faire la dissection de l'île rénale, même si c'était la première fois.'

Si la console du chirurgien se trouve à 5 mètres du patient, on peut imaginer opérer d'encore plus loin. En 2001, l'équipe du Professeur Marescaux a relevé le défi en réalisant, de New York, l'ablation de la vésicule biliaire d'une patiente située à Strasbourg.
David Doulgas : 'La distance n'est vraiment pas un problème. Le chirurgien est concentré sur ce qu'il doit faire. Il sait très bien qu'il est en train de travailler sur une artère rénale. Il ne regarde pas le patient, ne le touche pas, néanmoins, c'est lui qui fait la chirurgie.'

Aujourd'hui dans le monde, 600 robots comme celui-ci sont utilisés en bloc opératoire, dont 12 en France et trois à Strasbourg."

Lien pour visionner le film "7 minutes pour une vie" :
http://www.france5.fr/magazinesante

==> Article de presse :
Pontage gastrique : Attention Danger !


"Le by-pass... controversé mais efficace... dangereux et irréversible. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

On en parle beaucoup, mais sait on exactement de quoi il s'agit : pontage gastrique ou by-pass gastrique, de quoi retourne t'il au juste?

La technique consiste à relier la partie supérieure de l'estomac à l'intestin grêle. Radicale certes, mais très populaire aux Etats-Unis ( ndlr: et malheureusement pratiqué de plus en plus souvent en France) pour lutter contre l'obésité sévère. Selon une récente étude, cette chirurgie présente de nombreux dangers pour les patients.

L'enquête, réalisée sur un panel de trois cent trente cinq personnes ayant subi cette opération entre 1998 et 2002, fait état de deux morts dans les 30 jours suivant l'opération et cinquante sept cas de complications (mauvaises cicatrisation, embolies pulmonaires, pneumonies et autres infections).

Le professeur ayant menée cette étude s'inquiète car l'opération est souvent prise comme une procédure 'cosmétique', sans envisager 'au préalable un régime ou de l'exercice'. En 2002, 63 000 personnes ont ainsi été hospitalisés pour ce pontage gastrique. Ils devraient être plus de 100 000 cette années dans tout le territoire américain.

Le protocole préconise entre autre, que cette opération soit proposée aux obèses présentant un surpoids de plus de 45 kg ou aux diabétiques de type 2.

Tout cela mérite une intense réflexion et surtout de trouver une équipe post et pré-opératoire qui applique à la lettre le protocole mis en place pour ce genre d'interventions très lourdes. Nous avons encore eu récemment des exemples de personnes ayant subit cette intervention en France alors qu'elles ne présentaient pas le profil requis par le protocole."

Source :
Article de Delf
http://www.pulpeclub.com

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Le 22 mars 2007... j'ai bénéficié d'un by pass... et j'avais 137,2 kg et à la date d'aujourd'hui le 5 août 2009... je pèse 69 kilos... j'avais un imc de 47 et des poussières... et maintenant de 24... j'étais en obésité morbide... je suis normale actuellement...

Et je suis VIVANTE... Merci pour le bonheur que vous m'avez offert, et toute ma reconnaissance...

L'équipe est formidable... BRAVO pour tout le travail que vous faites... et toutes les vies que vous sauvez, grâce ces opérations...

C'est que du bonheur..

Catherine a dit…

Merci pour votre témoignage, et pour votre reconnaissance du travail de l'IRCAD.