Lyon : 1ère en France : laryngectomie partielle par voie orale avec robot

"Le 3 mars 2009, le Dr Philippe Céruse, ORL, a utilisé pour la première fois le robot Da Vinci TM pour minimiser les effets d'une laryngectomie partielle ou totale sur un patient souffrant d'un cancer du larynx. Il a fait passer sa mini-pince par la bouche du patient afin de pratiquer l'ablation d'une partie du larynx. Cette nouvelle technique évite l'incision du cou (cervicotomie) et l'ouverture de la trachée (la trachétomie provisoire). Ce progrès pourra bénéficier à plusieurs dizaines de patients par an."
Des micro-gestes que seul le robot peut réaliser

"Grâce au robot télémanipulé, le chirurgien peut effectuer des micro-gestes d'une très grande précision. Les bras articulés portent à leur extrémité des instruments chirurgicaux très fins : mini-pinces, mini-bistouri électrique, mini-clamps capables de réaliser des mouvements à 180 degrès, ce qu'un poignet humain ne peut pas faire.

Quant au chirurgien, il bénéficie d'une vision grossie jusqu'à 20 fois en 3 dimensions."

Pour plus d'informations contacter :
Directeur de la Communication
Hospices civils de Lyon
3, quai des célestins
69229 Lyon cedex
Téléphone : 04 72 40 70 30
Fax : 04 72 40 72 30
email : danielle.gimenez@chu-lyon.fr

Source :
La Lettre "Réseau-CHU"
N° 462 - 31 mars 2009

"Le cancer de la prostate craint le laser"

Une nouvelle technique pour opérer du cancer localisé de la prostate ! Existent déjà :

- la coelioscopie ou opération "par les voies naturelles", ou encore laparoscopie (mon père vient d'y passer, il s'en sort très bien et récupère très vite. Il s'agissait cependant d'une résection endoscopique d'un adénome prostatique non tumoral).
- la chirurgie "robotique", ou chirurgie assistée par ordinateur, avec le système de chirurgie assistée par ordinateur da Vinci TM (produit par la société Intuitive Surgical Inc.) Bien sûr ce n'est pas un robot qui opère ! C'est un chirurgien, aux commandes de manettes qui fonctionnent comme des instruments de chirurgie coelioscopique, avec un écran vidéo qui retransmet le déroulement de l'opération (nos entrailles passent à la télé !) Plus de précision pour le geste chirurgical, mais l'opération coûte plus cher que la classique "coelio"...

Et voici une nouvelle méthode, en cours d'essai :
(Source : Sciences et Avenir, Avril 2009, p. 36)
"Seize patients dans le monde, dont cinq habitants de la région d'Angers, ont bénéficié ces derniers mois d'une technique qui pourrait révolutionner le traitement du cancer localisé de la prostate : la photothérapie dynamique, déjà utilisée notamment contre les cancers de la peau. Lancée par l'University College Hospital de Londres, l'expérience est poursuivie dans trois autres centres à Toronto (Canada), Lille et Angers. Les résultats seront connus en septembre [2009].

En pratique, il s'agit de nécroser la tumeur grâce à l'implantation dans la glande de fibres optiques laser introduites sous anesthésie générale. 'L'illumination laser est associée à l'administration intraveineuse d'un produit photosensibilisant, dérivé de la chlorophylle', détaille le Dr. Abdel Rahmene Azzouzi, urologue au CHU d'Angers. En quelques jours, ce duo laser-photosensibilisant provoque la destruction du tissu prostatique tumoral. Originalité : juste avant l'injection, la lumière du bloc opératoire est réduite puis les fibres sont activées pendant une vingtaine de minutes, le patient restant ensuite quelques heures dans une semi-obscurité. 'Le principal avantage par rapport aux techniques classiques que sont la chirurgie, la radiothérapie et la curiethérapie, semble être la réduction des effets secondaires comme les troubles urinaires ou sexuels.', précise l'urologue angevin, déjà débordé de demandes alors que ce nouveau procédé est encore en phase d'évaluation.

Indolore au réveil, l'intervention est courte (30 mn) et les patients peuvent rentrer chez eux quarante-huit heures après, contre huit jours après une chirurgie [compter entre deux ou trois jours après une coelioscopie en chirurgie mini-invasive ; et huit jours après une opération en chirurgie traditionnelle, c'est-à-dire invasive. Ndlr.] Rendez-vous à l'automne pour l'analyse des résultats."

Copyright : Sciences et avenir, Avril 2009.

"Priorité au pontage après un infarctus"

Faut-il choisir le pontage, la dilatation des coronaires par ballonnet ou la pose de stent après un infarctus ?

"Si le choix se fait souvent au cas par cas, l'étude Syntax publiée dans le New England Journal of Medicine se prononce plutôt en faveur du pontage. Car les complications cardiaques et cérébrales, survenant dans l'année qui suit l'intervention, sont plus faibles dans le groupe des pontés. Les auteurs de l'étude concluent donc que le pontage reste le traitement standard."

Source :
Sciences et Avenir
Avril 2009 (p. 36)

Mon commentaire :
Le Professeur Daniel Loisance ne disait pas autre chose, et c'était déjà en 2004 !

Extrait de la présentation du Professeur Daniel LOISANCE, qui dirige le service de chirurgie cardiaque à l'hôpital Henri-Mondor, Créteil (24/11/2004) :

"Assistance circulatoire : bilan et perspectives" :

"La chirurgie de l’insuffisance cardiaque : le cœur artificiel. Reste un formidable ‘challenge technologique’. N’est toujours pas disponible. Ce challenge est ‘drivé’ par un formidable développement de l’incidence de l’insuffisance cardiaque", qui s’est développée au cours de ces dernières décennies, du fait de l’allongement de la durée de vie, dans les pays développés et non développés, mais aussi du fait de la réussite des traitements médicamenteux : tous ces cardiologues conduisent les malades en insuffisance cardiaque à vivre de plus en plus vieux. "Les médecins sont efficaces avec leurs médicaments, et on est en train de générer toute une population qui souffre d’insuffisance cardiaque qui échappe au traitement médicamenteux », mais qui néanmoins est bcp trop jeune pour mourir." Les cardiologues ont aussi imaginé une opération qui est "un formidable modèle pour générer de l’insuffisance cardiaque", avec les "stents". [Petits ressorts qui sont placés à l’intérieur d’une artère coronaire rétrécie, afin de la dilater. "L'angioplastie coronaire ou dilatation transluminale est l'intervention qui consiste à traiter une artère coronaire rétrécie en la dilatant au moyen d'une sonde munie d'un ballon gonflable à son extrémité. Cette intervention se fait sous anesthésie locale mais nécessite toutefois une surveillance particulière du patient." (Wikipedia)]

Au contact du stent se produit "une activation permanente des plaquettes", ce qui provoque une "embolisation continue du lit d’aval par des agrégats plaquettaires, ce qui conduit à une détérioration ventriculaire à bas bruit. Et le destin de ces gens qui ont des stents dans les coronaires, c’est de finir en insuffisance cardiaque, par cardiomyopathie ischémique chronique, mais surtout par sclérose diffuse du myocarde d’aval. Alors bon, ce n’était pas souhaité. Nous, les chirurgiens qui connaissions bien les stents, nous avions tiré la sonnette d’alarme. Mais le stent, c’est la panacée : une petite incision de moins d’un mm, un trou d’aiguille, et on fait ce qu’on fait les chirurgiens depuis 40 ans, avec une grande sternotomie. [Définition : section du sternum lors d'une opération visant les organes du thorax, le cœur en particulier]. Alors vous pensez que… y’ a pas photo ! Les malades choisissent, mais personne ne leur a parlé de ça ! Alors, quand ils sont en insuffisance cardiaque, ils viennent voir les chirurgiens et leur disent : ‘Pourquoi ne nous l’aviez-vous pas dit ?’ Nous l’avons dit, publié, écrit, et nous le chantons dans toutes les conférences qu’on peut faire sur l’insuffisance cardiaque. Mais personne ne nous entend. C’est normal."

Source :
http://www.canal-u.tv

Nature de la source : vidéo (durée : 35 mn).

"Nous mettons au point les techniques les moins agressives possibles"

La société américaine EndoGastric Solutions (http://www.endogastricsolutions.com) est spécialisée dans les procédures chirurgicales non invasives (passage par les voies naturelles pour opérer, sans effectuer d'incisions), pour des indications telles que le reflux gastro-oesophagien. Cette société américaine, ayant une filiale européenne, a formé des chirurgiens qui opèrent en chirurgie non invasive en Belgique et France essentiellement, mais aussi en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, au Portugal (voir). La société EndoGastric Solutions est donc pionnière dans ces nouvelles techniques chirurgicales, dites non invasives car utilisant les voies naturelles sans avoir besoin d'ouvrir ni d'inciser lors de l'opération.

La chirurgie non invasive pour opérer le reflux gastro-oesophagien arrive en France...

En 2007, l'Institut de Recherche contre les Cancers de l'Appareil Digestif (IRCAD), situé à Strasbourg, sous la direction du Professeur Jacques Marescaux, s'est associé à des parternaires privés, dont la société EndoGastric Solutions, pour mener à bien ses recherches sur la chirurgie mini-invasive et non-invasive. Il existe donc un partenariat entre l'Ircad et EndoGastric Solutions Europe, afin de mettre au point les techniques chirurgicales les moins agressives possibles.

Cet article constitue une suite de celui du 09/07/07 sur le même sujet (lire).

Extrait de l'article paru dans "Sciences et avenir" d'avril 2009 (p. 13) : interview avec le Professeur Jacques Marescaux :

Sciences et avenir : "Votre institut a été le premier à réaliser une chirurgie digestive non invasive. En quoi consiste-t-elle ?"

Professeur Jacques Marescaux : "C'est une intervention réalisée sans incision externe en passant par les orifices naturels. On appelle cela la Natural orifice transluminal endoscopic surgery (NOTES). L'idée, qui peut paraître totalement folle, vient de deux gastro-entérologues américain et hongkongais qui ont publié leur expérience en 2004. J'ai alors discuté avec mes différents collaborateurs et nous avons lancé le projet ANUBIS. Trois ans plus tard, en avril 2007, nous avons réalisé la première résection de vésicule biliaire par voie vaginale (lire) ! Il y a eu ensuite une centaine de NOTES [opérations non invasives, ndlr.] dans le monde. En trois ans, nous avons démontré sur le plan expérimental qu'en passant par la bouche et l'estomac, on peut traiter la vésicule, la rate, les reins, la glande surrénale ou encore le côlon..."

Sciences et avenir: "Quels sont les avantages ?"

Professeur Jacques Marescaux : "Pas de cicatrices et moins de douleurs. En 1988 a eu lieu ce que les Américains ont appelé 'la deuxième révolution française', quand une équipe de Lyon a réalisé la première ablation de la vésicule sans ouvrir l'abdomen. Ils ont lancé la laparoscopie [ou chirurgie par les voies naturelles, dite aussi coelioscopie : c'est une technique de chirurgie mini-invasvie de la cavité abdominale à des fins de diagnostic et d'intervention. Ndlr.]. La laparoscopie consiste à introduire les instruments par plusieurs petites incisions dans le ventre. Avec NOTES, on n'a plus d'incision à faire. [On passe donc de la chirurgie mini-invasive à la chirurgie non invasive, Ndlr.]. On gagne en confort avec une chirurgie de moins en moins invasive. Un exemple : pour la chirurgie de l'obésité, 6 ou 7 trocarts [canule creuse dans laquelle on glisse des instruments ou une fibre optique, sorte de caméra. Ndlr.] sont encore nécessaires. Avec NOTES par voie vaginale ou gastrique, on réduira à deux voire un seul trocart. Le bon sens fait dire que le malade choisira la technique la moins agressive." [NB : pour l'opération du reflux gastro-oesophagien, il n'y a aucune incision : il s'agit de chirurgie totalement non invasive, Ndlr.].

Sciences et avenir: "Quels sont encore les obstacles à surmonter ?"

Professeur Jacques Marescaux : "L'instrumentation ! Avec NOTES, il faut parvenir à introduire plusieurs instruments par une seule canule ! Nous avons déjà développé plusieurs prototypes d'instruments qui ne sont pas encore homologués pour une utilisation humaine."

Copyright "Sciences et avenir" (avril 2009)

CHU de TOURS : premier prélèvement de rein sur donneur vivant avec robot chirurgical

"Le 27 février 2009, l'équipe du service d'urologie a prélevé un rein sur donneur vivant à l'aide du robot chirurgical en vue d'une transplantation ; une première pour les régions Centre et Ouest ! L'intervention a été un succès. Le bénéfice pour le donneur vivant est incontestable. L'acquisition en 2007 du robot chirurgical [le système de chirurgie assistée par ordinateur da Vinci TM, Ndlr] a ouvert une nouvelle voie en permettant de prélever un rein par 'coelioscopie robot-assistée' [Il s'agit d'une technique chirurgicale minimalement invasive, sur le même principe que la coelioscopie, mais avec une assistance par ordinateur qui offre davantage de précision si on compare avec la technique de la coelioscopie. La société Intuitive Surgical Inc. (USA) et Europe (siège en Suisse) fabrique et commercialise le système da Vinci TM, Ndlr.]. L'équipe d'urologie du CHRU de Tours maîtrise parfaitement cette technique. Auparavant, le prélèvement du donneur vivant était réalisé en chirurgie ouverte, voire en coelioscopie, avec des difficultés importantes.

Le service d'urologie du CHRU de Tours a réalisé 120 greffes rénales en 2008. Plus de 95 pour cent étaient prélevés sur des patients en état de mort encéphalique ne s'étant pas opposés au don d'organe. Or le prélèvement sur donneur vivant est aussi envisageable si un proche d'un malade inscrit sur une liste de transplantation rénale est compatible immunologiquement. Un de ses reins sera alors prélevé pour être greffé sur le parent insuffisant rénal. Une fois greffé, le patient n'a plus besoin d'être dialysé, il retrouve ainsi une qualité de vie acceptable."

Pour plus d'informations contacter :
Service de communication
37 044 TOURS CEDEX 9
Téléphone : 02 47 47 75 75 - 02 47 47 37 57
Fax : 02 47 47 84 31
email : ak.nancey@chu-tours.fr

Source :
La Lettre "Réseau-CHU"
N° 460 - 17 mars 2009

CHU de Nancy : Robot chirurgical : 1000 patients opérés et 9 ans d'expérience

"Le cap du 1000e patient opéré avec robot a été franchi en janvier 2009 par le CHU de Nancy qui est ainsi leader dans le domaine en France. En moyenne, 5 interventions sont réalisées chaque semaine au CHU toutes spécialités confondues. Centre expert reconnu en matière de robotique en Europe, l'établissement assoit son implication forte dans la recherche et dans l'enseignement à travers l'École de Chirurgie et le diplôme inter-universitaire en robotique créé en décembre 2008.

Dès 2000, le CHU de Nancy a été pionnier en chirurgie robotique. A l'initiative du Pr Jean-Pierre Villemot (chef du service de chirurgie vasculaire) secondé par les Prs Patrick Boissel (chirurgie digestive et générale) et Philippe Mangin (urologie), un projet innovant de chirurgie robotique multidisciplinaire a été mis en place autour de ces trois spécialités, puis autour de l'oncologie avec le Centre Régional de Lutte contre le Cancer Alexis Vautrin. En 2001, le premier pontage d'une artère coronaire sans thoracotomie en France est réalisé à Nancy. En 2002, c'est le premier prélèvement rénal de donneur vivant en coeliochirurgie assistée par robot en Europe qui est réalisé au CHU de Nancy (Pr Jacques Hubert, urologie).

En plus de la réalisation de gestes techniques plus complexes et des conditions de travail moins astreignantes physiquement pour le chirurgien, les avantages pour le patient sont importants : diminution de la douleur post-opératoire, meilleure cicatrisation, diminution du risque infectieux (notamment chez les patients obèses du fait de cicatrices réduites) et reprise d'activités personnelles et professionnelles plus rapide.

Le diplôme inter-universitaire en robotique créé à l'École de Chirurgie de Nancy a déjà attiré 12 chirurgiens français et étrangers accompagnés par leur équipe d'infirmier(e)s de bloc opératoire. Il propose une formation théorique et pratique à l'utilisation du robot [ou système de chirurgie assistée par ordinateur, Ndlr.] Da Vinci TM dans différentes spécialités chirurgicales (chirurgie urologique, digestive et endocrinienne, gynécologique, cardiovasculaire, ORL). Le recul appréciable offert par la phase de développement et de recherche à l'École de Chirurgie de la Faculté de Médecine de Nancy et les années d'expérience clinique acquises depuis, ont permis aux équipes nancéiennes d'explorer tous les intérêts de cette nouvelle voie et de mettre en pratique des interventions de plus en plus complexes."

Pour plus d'informations contacter :
Responsable de la Communication
CHU Nancy - 29, av du Mal de Lattre de Tassigny
54035 Nancy cedex
Téléphone : 03 83 85 14 78
Fax : 03 83 85 11 88
email : l.verger@chu-nancy.fr

Source :
La Lettre "Réseau-CHU"
N° 459 - 10 mars 2009

CHU de Nantes : implantation de valve artificielle aortique par voie endovasculaire

"Le 12 décembre 2008, l'équipe médico-chirurgicale de l'institut du thorax du CHU de Nantes (Dr Ashok Tirouvanziam, Dr Ousama Al Habash, Pr Pierre-Dominique Crochet, Dr Hélène Morin, Dr Philippe Jaafar) a réalisé les deux premières implantations de valves aortiques par l'artère fémorale, chez deux patients souffrant de rétrécissement aortique calcifié.

Cette pathologie, responsable d'un obstacle à l'éjection du sang du coeur (ventricule gauche) vers l'aorte et la circulation générale, est la maladie valvulaire cardiaque la plus fréquente chez les patients âgés. En l'absence de traitement, la valve malade, serrée par des calcifications liées à l'âge, entraîne angine de poitrine, insuffisance cardiaque et perte de connaissance, avec près de 60 pour cent de décès à 2 ans."
Une nouvelle technique destinée à un public spécifique

"Le traitement de référence est la chirurgie de remplacement valvulaire à coeur ouvert. Toutefois, certains patients ne peuvent bénéficier de cette chirurgie conventionnelle, soit en raison de leur fragilité (respiratoire, rénale, cardiaque), soit parce qu'ils ont déjà subi une opération à coeur ouvert, notamment des pontages coronariens. Cette technique s'adresse donc actuellement à des patients à très haut risque ou contre-indiqués à la chirurgie conventionnelle, et pour lesquels il n'existait jusqu'à présent aucune alternative.

Mise au point par l'équipe du professeur Alain Cribier de Rouen, présent lors de ces deux premières implantations à Nantes, la technique consiste à implanter une valve artificielle (prothèse biologique), amenée sous contrôle radiologique par un cathéter à partir de l'artère fémorale (ou par voie apicale) jusqu'à la valve malade, sous anesthésie locale ou générale.

Les avantages de cette implantation, dite mini-invasive car peu traumatique, sont nombreux : absence d'ouverture du thorax, absence de cicatrice, réalisation sous anesthésie locale éventuelle, permettant ainsi des suites opératoires simplifiées, un séjour hospitalier réduit et un retour plus rapide à la vie active. Les deux premiers patients nantais ont regagné leur domicile et passé Noël en famille.

Seuls 1000 patients ont bénéficié à ce jour de cette technique à travers le monde avec des résultats très encourageants à moyen terme qui permettront certainement un élargissement des indications à l'avenir."
Une équipe et un centre d'implantation pionniers dans la région

"Réunissant les services de cardiologie interventionnelle, de chirurgie cardio-thoracique, de cardiologie, d'échographie, d'imagerie radiologique et d'anesthésie, l'équipe médico-chirurgicale de l'institut du thorax du CHU de Nantes a déjà été retenue par la Haute Autorité de santé et par la société française de cardiologie et de chirurgie cardio-thoracique parmi les premiers centres français habilités à pratiquer cette technique.

Cette technique s'inscrit dans la volonté du CHU de soutenir l'innovation comme le démontre l'installation d'une salle dite des 'nouvelles technologies' au sein de l'institut du thorax, permettant de réaliser sur un même site des opérations combinant les techniques de pointe de cardiologie interventionnelle et de chirurgie cardiaque."

Pour plus d'informations contacter :
Directeur de la communication
CHU Nantes, allée de l'île Gloriette
44035 Nantes cedex 1
Téléphone : 02 40 08 71 80
Fax : 02 40 08 71 61
email : service.communication@chu-nantes.fr

Source :
La lettre du Réseau CHU
Newsletter N°457 - 24/02/2009

Paris : la chirurgie douce : une priorité

"Les interventions mini invasives, c'est-à-dire pratiquées par de petites ouvertures, apportent de nombreux bénéfices aux patients, plus rassurantes, plus courtes, plus sûres, plus confortables. Réalisées en ambulatoire, elles permettent aux opérés de rentrer chez eux le soir même. Opérer sans hospitaliser un progrès médical de premier plan ! En plein essor, la chirurgie ambulatoire, représente près de 20 pour cent de l'activité chirurgicale de l'AP-HP, avec 134 places autorisées. En 2008, alors que l'activité globale augmentait de 2,5 pour cent, celle de la chirurgie ambulatoire bondissait de 7 pour cent. Une quinzaine d'hôpitaux pratique cette activité en ophtalmologie, orthopédie, en particulier la chirurgie de la main, gynécologie-obstétrique.
Avec un taux de satisfaction des personnes opérées de 90 pour cent, la chirurgie mini-invasive apporte une réponse adaptée aux attentes des patients. Pour favoriser son développement, les hôpitaux ont mis en place une organisation dédiée : locaux réservés, équipes spécialement formées, prise en charge de la douleur, accompagnement spécifique du patient avant et après l'intervention, suivi post-opératoire en lien avec le médecin traitant et investissements dans plateaux techniques plus modernes, plus performants et mieux adaptés.

Dans le cadre de l'élaboration du futur plan stratégique 2010-2014, la chirurgie mini-invasive s'impose comme une "priorité". D'autant que son intérêt médico-économique est indéniable grâce à l'économie de temps et de ressources qu'elle génère. Pour promouvoir les avantages de la chirurgie mini-invasive, l'AP-HP lui a dédié une de ses matinées médicales, le 9 janvier 2009."

Pour plus d'informations contacter :
Directrice de la communicationAssistance Publique - Hôpitaux de Paris - 3, av Victoria75184 Paris CEDEX 04
Téléphone : 01 40 27 30 00
email : direction.communication@sap.ap-hop-paris.fr

Source :
La Lettre "Réseau-CHU"
N° 456 - 17 février 2009

Opération de la prostate en chirurgie assistée par ordinateur à la clinique Saint-George, Nice

La prostate entre les mains d'un robot
"L'utilisation du robot est particulièrement indiquée lorsqu'il faut intervenir sur un petit organe fixe, difficile d'accès et avec un besoin de dissection précise. Ce qui est le cas de la prostate. Il y a quelques années encore, un cancer de la prostate sur deux était diagnostiqué à un stade très évolué et ne pouvait dès lors bénéficier que de traitements palliatifs. Aujourd'hui, grâce au dépistage individuel, très développé dans la région, plus de 90 pour cent de ces tumeurs sont découvertes précocement. Elles offrent alors des chances de guérison supérieures à 90 pour cent. A une condition : supprimer la totalité de cet organe pour éliminer le risque de laisser du tissu malade. Mais se pose alors un problème important, celui des séquelles de cette chirurgie radicale : 'La prostate est une glande difficile à enlever dans la mesure où elle est intercalée entre la vessie et l'urètre, très près du sphincter qui assure la continence et en contact très étroit avec les bandelettes nerveuses qui assurent l'érection', expliquaient la semaine dernière les urologues de la Clinique Saint-George à Nice, lors de leur programme annuel 'Direct Live Chirurgie' (1). L'enjeu dès lors est de parvenir à soigner le cancer, sans exposer le patient à une perte du contrôle de la vessie et de la fonction sexuelle..."

Une sexualité conservée dans 86 pour cent des cas
"Et c'est là que le robot-chirurgien fait son entrée en scène : 'Il permet de réaliser une prostatectomie radicale avec une extrême précision, grâce à la vision stéréo et la mobilité des outils dans les quatre dimensions. On a l'impression d'avoir les mains plongées dans le corps du patient.' Plusieurs dizaines de patients azuréens atteints de cancer de la prostate ont déjà bénéficié de cette nouvelle technique chirurgicale en place au CHU de Nice et à la clinique Saint-George.
Le constat à l'issue de cette série, c'est la quasi-absence de complications postopératoires. Et surtout, '97 pour cent des personnes opérées ont vu leur fonction urinaire conservée un an après l'intervention et 86 pour cent retrouvent une activité sexuelle identique à celle qu'ils avaient avant la prostatectomie.'
Tous les hommes ne peuvent cependant pas bénéficier de ce type d'intervention. 'Sont généralement exclues les personnes présentant des contre-indications à l'anesthésie' (elle est plus longue que pour les interventions 'classiques', NDLR), les hommes de plus de 70 ans qui ont été récemment victimes d'un infarctus, ou qui présentent une affection évolutive. On estime, dans ce cas, que les autres maladies sont plus graves que le cancer, ou que l'espérance de vie est inférieure à 10 ans et on évite alors de prendre des risques en opérant. À l'inverse, plus un patient est jeune, biologiquement ou physiologiquement, plus on va être tenté d'appliquer le traitement le plus efficace possible, celui qui va permettre de maintenir une bonne qualité de vie..."
ncattan@nicematin.fr

"Pour tout savoir sur le cancer de la prostate, L'ANAMACaP (Association Nationale des
Malades du Cancer de la Prostate) organise une réunion, vendredi 20 février de 18 à 20 h au CUM, 65 promenade des Anglais àNice. Entrée libre."
(1). "Au cours de cette première édition, plusieurs spécialistes réunis à la clinique Saint-George ont pu assister à une prostatectomie radicale assistée par robot et commentée par l'un des plus grands spécialistes européens de ce type d'intervention, le Dr Mottrie."

Source :
Article de Nancy Cattan
Nice-Matin
http://www.nicematin.com/ta/da+vinci/173412/alpes-maritimes-la-prostate-entre-les-mains-d-un-robot
http://www.nice.maville.com/actu/actudet_--La-prostate-entre-les-mains-d-un-robot-_dep-826626_actu.Htm

"Ce bras miraculeux qui obéit au doigt et à l'oeil"

"Exploit. Dirigées par la pensée, les mains artificielles peuvent désormais presque tout faire."

"L'humour britannique, on adore ! En décembre 2008, Kira Mason, 51 ans, qui a perdu son bras gauche lors de l'attentat de Londres de juillet 2005, est interviewée par CBS. Elle parle de la facilité avec laquelle elle fixe son tout nouveau bras bionique sur son moignon : 'Pour la nuit, il est aussi facile à enlever et à remettre qu'un dentier ; mais, au moins, je n'ai pas à l'immerger dans un verre d'eau.' 'Mamie Cyborg' - comme l'appelle son petit-fils - est la première à bénéficier d'un membre bionique directement rattaché au squelette. Plus besoin de consacrer un temps interminable à ficeler le bras artificiel sur le moignon et à souffrir de démangeaisons. La prothèse Itap (intraosseous transcutaneous amputation prosthesis) s'emboîte d'un clic sur une tige en titane scellée dans l'humérus. Ses inventeurs, l'équipe médicale de l'University College London, ont copié la fixation des bois du cerf pour créer un dispositif traversant la peau sans provoquer d'infection.

Mais ce que Mamie Cyborg apprécie par-dessus tout, c'est la dextérité de sa nouvelle main. Impensable voilà encore quelques années. Elle saisit d'un geste délicat une délicieuse tranche de gâteau grâce à des doigts animés d'un mouvement indépendant. C'est en contractant les différents muscles de son moignon qu'elle contrôle sa main. Chaque contraction déclenche des impulsions myoélectriques captées par des électrodes fixées sur la peau. Ces signaux parviennent au micro-ordinateur de la prothèse, qui les interprète pour actionner les moteurs des doigts.

Phillip Griffiths, 47 ans, est lui aussi grand-père, mais s'il a voulu un main bionique, ce n'est pas pour pouponner ses petits-enfants. Ce qu'il désire, c'est à nouveau défoncer des portes, plaquer un suspect contre un mur ou encore porter un bouclier antiémeute. C'est que Griffiths est policier dans une équipe d'intervention. Ayant perdu son bras par la faute d'un cancer, il a convaincu la police de Londres de payer les 30 000 euros de la dernière version de la i-LIMB. Devant les caméras, Griffiths fait pivoter son pouce, bouge ses autres doigts l'un après l'autre. Les gangsters peuvent trembler : Robocop est de retour. La i-hand -ou i-LIMB - est la création de la société écossaise Touch Bionics, fondée en 1988, qui a tiré profit des recherches menées par l'hôpital d'Edimbourg pour appareiller les enfants victimes de la thalidomide. Le mois dernier, Time Magazine plaçait la i-hand au quatorzième rang des 50 inventions de 2008.

Quoique spectaculaires, les performances de la main bionique ne rivalisent pas avec celles d'une main faite de chair et de sang. Il est impossible avec cette main de jouer du piano, fût-ce 'Au clair de la lune'. 'Mais dans dix ans cela sera sans doute possible ! s'exclame Marc Maïer, patron de l'équipe sensorialité et motricité du laboratoire LNRS-CNRS. Aucun obstacle infranchissable ne s'y oppose. Les travaux sur le singe du Brésilien Miguel Nicolelis, de l'université médicale Duke, ont permis de décrypter le langage du cerveau lorsqu'il ordonne un mouvement à la main.' En 2003, Nicolelis présentait au monde une expérience incroyable ; un numéro de cirque digne du 'Plus grand cabaret du monde' de Patrick Sébastien : un singe jouant à un jeu vidéo rien que par la pensée. L'animal parvenait à contrôler le déplacement d'un point sur l'écran sans bouger un seul membre. Il se bornait à donner des ordres mentaux recueillis par des électrodes placées sur sa tête. Avant de parvenir à cet exploit, le chercheur avait entraîné son cobaye à manipuler un joystick pour faire bouger le point sur un écran. Quand le singe parvenait à le faire toucher un cercle, il recevait une récompense. Simultanément, les signaux électriques de son cerveau étaient enregistrés puis étudiés par Nicolelis, qui parvint à les utiliser pour commander un bras robotique. C'est ainsi qu'il put concevoir son incroyable numéro : le joystick fut fixé à un bras robotisé relié aux électrodes posées sur la tête de l'animal. Peu à peu, en regardant l'écran, le singe comprit que c'est lui qui faisait bouger le point lumineux. Pour la première fois, la barrière du cerveau était vaincue. Il devenait possible de prendre ses ordres sans passer par le corps. Pour cet exploit, en 2004, Time Magazine inscrivit Nicolelis dans sa liste des scientifiques les plus influents de l'année.

C'est sans doute cela qui décida, cette même année, le Pentagone à lancer un appel d'offres pour un bras bionique pleinement articulé depuis l'épaule jusqu'au poignet, doté d'une main au pouce opposable aux doigts, eux-mêmes mobiles. De plus, il exigeait que la prothèse soit légère et mobile. L'idée était de pouvoir offrir à ces malheureux militaires revenant manchots d'Irak un bras parfaitement opérationnel. En tout cas, suffisamment pour leur permettre de rempiler s'ils le désiraient. Le Pentagone donna quatre ans aux industriels pour fournir le bras miraculeux. Nous y sommes. L'Institut de réhabilitation de Chicago (RIC) et un groupe d'entreprises proposent aujourd'hui un bras bionique stupéfiant, qui bouge presque aussi vite que la pensée. Grâce aux travaux de Nicolelis, mais aussi du docteur Todd Kuiken, du RIC. Ce dernier a produit plusieurs prototypes qui ont été testés par Jesse Sullivan, un électricien de 55 ans qui a perdu ses deux bras jusqu'aux épaules après une électrocution. Avec la dernière version, il peut enfiler ses chaussettes, nouer une cravate, se raser, se peigner, manger, sortir les ordures ménagères, passer l'aspirateur, pêcher, tailler une haie...

La grande innovation du docteur Kuiken, c'est de capter les ordres du cerveau sur les nerfs qui commandaient autrefois le bras et la main. C'est ainsi qu'il a opéré Sullivan pour greffer les nerfs sectionnés sur ses muscles pectoraux. Ainsi, quand l'électricien pense à un geste, les muscles innervés produisent des impulsions myoélectriques récupérables par des électrodes posées sur la peau. Ces signaux sont envoyés à l'ordinateur de la prothèse, qui les traduit immédiatement en mouvements. Contrairement à Mamie Cyborg, Sullivan n'a pas eu de long apprentissage à faire. Comme avant son accident, sa main bionique obéit au doigt et à l'oeil. Le seul problème restant à résoudre, c'est celui du ressenti de la main. Cela ne peut se faire qu'au moyen de capteurs disposés sur la prothèse. Récemment, Claudia Mitchell a reçu de Kuiken un bras qui lui permet de ressentir le chaud et le froid. Mais déjà le chercheur promet un membre artificiel doté de 80 capteurs et pouvant bouger avec la rapidité et la dextérité d'une vraie main."

Source :
http://www.lepoint.fr
Article de Frédéric Lewino